Joseph Léonard, marquis de CASTELLANE

1761-1845

Membre fondateur et président de la S.A.M.F.
(1831-1845)

 

ÉLOGE DE M. LE MARQUIS DE CASTELLANE

Maréchal de camp, Chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis et de la Légion-d’Honneur, ancien Colonel de la Garde nationale de Toulouse, Président de la Société archéologique du Midi de la France ;

Prononcé à la séance du samedi 14 février 1845 (extrait des Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, t. V, 1841-1847, p. 297-316)

Chargé de rendre un dernier hommage à la mémoire de celui que nous regretterons long-temps, permettez-moi, Messieurs, de vous faire part des impressions qui se sont réveillées dans mon cœur, et des préoccupations de ma pensée. Lorsque je cherchais à rappeler tous mes souvenirs sur M. le marquis de Castellane, lorsque je parcourais la longue nomenclature de ses travaux de tout genre, un sentiment pénible se mêlait à mes tristes sollicitudes ; je me demandais involontairement, si notre société, nouvelle encore, pourrait impunément subir une aussi grande perte, et si cette tombe entr’ouverte, objet de tant de regrets, ne devait pas détruire aussi nos espérances d’avenir. D’un autre côté, lorsque ma pensée me retraçait les qualités éminentes qui le distinguaient, les dons si rares qui paraient cette nature d’élite, je me prenais à trembler sur la difficulté de ma tâche, et à redouter l’insuffisance de ma parole. Cependant j’ai dû surmonter toutes ces préoccupations. Nos voeux étaient impuissants contre les lois de la nature, et ne pouvaient reculer le terme d’une existence si précieuse. Pour moi, une pensée me rassure ; je vais vous parler de celui qui dirigea nos travaux pendant quatorze années, de ses ouvrages, de ses titres nombreux à notre reconnaissance, et les souvenirs de vos cœurs suffiront, je l’espère, pour faire revivre une image, que ma faible esquisse ne pourra vous retracer que d’une manière bien imparfaite.

Joseph Léonard, marquis de Castellane, naquit à St-Paul-Trois-Châteaux, le 6 novembre 1761. La branche d’où sortait ce nouveau rejeton, était connue depuis long-temps sous le nom de Castellane d’Esparron. C’était un rameau de l’illustre maison de Castellane, issue de ces anciens barons féodaux, qui chassèrent les Sarrazins de la Provence, s’établirent en souverains dans les domaines devenus le prix de leurs exploits, et les réunirent à leur ancien patrimoine. C’est à ce titre que les sires, ou princes de Castellane, ainsi qualifiés dans les chartes des dixième et onzième siècles, possédaient, depuis 890, la ville et baronnie de Castellane, située près de Sénez, sur la rive droite du Verdon. Trente-quatre paroisses relevaient de cette ville, qui porte encore aujourd’hui les armes de Castellane. Ce ne fut qu’en l’année 1189, et après une guerre longue et malheureuse, que Boniface marquis de Castellane fut obligé de faire hommage de toutes ses terres à Alphonse, roi d’Aragon, comte de Provence. 

Malgré cet échec, les richesses et la magnificence des Castellane étaient proverbiales dans toute la Provence. Boniface IV était un des troubadours les plus célèbres de son temps ; il dédia ses poésies à Charles d’Anjou, frère de saint Louis, qu’il accompagna à la conquête du royaume de Naples, en 1264, et fut l’un des seigneurs les plus distingués de sa cour. Enfin il n’est pas de famille qui ait fourni plus de chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; on en compte plus de cent, qui moururent en possession de commanderies, ou d’autres dignités de l’ordre. Elle a donné à l’église deux archevêques et huit évêques, à l’état une foule d’officiers supérieurs, parmi lesquels on compte trois lieutenants-généraux, et huit maréchaux de camp, des ambassadeurs, et plusieurs chevaliers des ordres du roi. Environné de tant d’illustrations, bercé, sous ce beau ciel de la Provence, par de si anciens et de si poétiques souvenirs, fallait-il s’étonner de retrouver dans M. de Castellane, cet attrait instinctif pour tout ce qui portait le cachet de la noblesse et de la distinction. Ce fut là aussi, n’en doutons pas, qu’il puisa cet amour passionné des lettres et des arts, charme et précieux ornement d’une si longue vie.

Selon le vieil usage de la plupart des grandes familles, M. de Castellane fut destiné de bonne heure à la carrière des armes. Dès l’âge le plus tendre, son nom fut inscrit dans la brillante compagnie des mousquetaires. En attendant, il fut envoyé au collège de Juilly, qui jouissait alors de la plus haute faveur, et était dirigé par les sujets les plus marquants de l’ordre des Oratoriens. Il s’y distingua par de bonnes et solides études, et s’y fit remarquer surtout par son aptitude singulière à tous les arts du dessin. En 1778, il fut nommé sous-lieutenant au régiment du roi, et en 1786 il obtint une compagnie au régiment Ségur-Dragons. Par une ordonnance du 17 mai 1788, le roi établit dans ses armées le grade nouveau de major en second. Ce grade, dit l’ordonnance, était une école d’instruction pour les officiers, que sa majesté destinait à être placés à la tête de ses régiments. M. de Castellane fut pourvu, un des premiers, d’un de ces nouveaux grades, et dès 1788 il fut nommé major en second du régiment de Médoc-Infanterie.

Mais les terribles événements de la révolution vinrent bientôt agiter la France ; fidèle à son drapeau, M. de Castellane n’hésita pas à le suivre sur la terre étrangère, et il alla à Coblentz renforcer les rangs des nobles émigrés. Il fit avec les princes la campagne de 1792, après laquelle il quitta ses compagnons d’armes, et se retira en Angleterre, pour y attendre la solution des grands événements qui agitaient l’Europe, et se tenir prêt à donner de nouvelles preuves de son dévoûment à sa cause, aussitôt qu’il croirait à l’utilité de sa coopération.

Arrivé à Londres, et privé de toutes ressources par la confiscation de ses biens, il n’hésita pas cependant à refuser les secours, que le gouvernement britannique offrait alors aux émigrés français, et ne les accepta que pour le fidèle serviteur, qui n’avait jamais voulu l’abandonner dans son exil. Il ne voulut devoir qu’à lui-même ses moyens d’existence, et reprenant ses pinceaux avec confiance, il leur demanda ce qu’il croyait ne pouvoir accepter du pays qui lui avait offert un asile. Son talent ne lui fit pas défaut : ses camées, peinture alors à la mode, dans laquelle il excellait, eurent bientôt un succès de vogue ; les plus habiles joailliers de Londres se les disputaient, et le prix élevé qu’il en retirait, le mit toujours à même de vivre honorablement, et de venir souvent en aide à ceux de ses compagnons d’infortune, qui n’avaient pas les mêmes ressources.

Au milieu de cette vie paisible, de nouvelles commotions vinrent agiter son exil. Les cris énergiques des provinces qui résistaient, les armes à la main, au torrent révolutionnaire, furent entendus en Angleterre. Les princes résolurent de se rendre au milieu de leurs intrépides partisans, et d’opérer une descente sur plusieurs points de la côte de France. Un appel fut fait à tous les émigrés, et plusieurs corps furent organisés. Au milieu de ce mouvement, M. de Castellane voulut avoir sa part du danger, et il fut nommé adjudant-général du corps d’armée commandé par le prince de Léon. Les troupes s’embarquèrent, et après avoir long-temps et inutilement tenu la mer, la flotte ramena dans les ports d’Angleterre, ces hommes découragés, mécontents de leur inaction et de leurs efforts infructueux. Ce fut à cette occasion que M. de Castellane fut nommé chevalier de St-Louis, et qu’il reçut des mains de M. le comte d’Artois le ruban de l’ordre, comme on le pratiquait alors, en attendant qu’un état plus prospère rendit aux princes la faculté d’ajouter la riche décoration au simple ruban, dont l’exil leur permettait de disposer.

Etranger désormais à tout mouvement politique, M. de Castellane s’empressa de redemander aux beaux-arts des consolations, et d’honorables ressources. C’est ainsi que se passèrent les cinq dernières années de son séjour sur la terre étrangère. Dans cet intervalle, après les journées dont le travail régulier de l’artiste occupait souvent une partie, le noble marquis reprenant son rôle naturel, allait se mêler avec aisance aux personnages les plus éminents de l’époque, dans les salons aristocratiques, où l’on se plaisait à reconnaître en lui un des types les plus remarquables de la grâce et de l’élégance française.

Les jours de proscription cessèrent enfin. Une main puissante avait détrôné l’anarchie qui pesait sur la France, et la radiation de M. de Castellane de la liste des émigrés lui permit de revoir enfin sa patrie. Ce fut au commencement du siècle nouveau, qu’il toucha le sol de cette France tant désirée. L’heureux conquérant qui avait rétabli la tranquillité, faisait alors un généreux appel aux arts et aux talents long-temps proscrits, et confiait à la gloire la noble mission de cicatriser les plaies de la patrie, et de faire oublier les mauvais jours. Paris reprenait une nouvelle vie. M de Castellane assista avec bonheur à cette autre renaissance, à cet élan simultané des lettres et des arts, qui reprenaient possession de la terre de France, avec un enthousiasme présage de tant d’avenir.

Ce fut alors qu’il conçut l’idée d’un travail, exécuté depuis avec le goût exquis qui le caractérisait. On sait que la maison de Sévigné s’était fondue dans celle de Castellane, par le mariage de la fille de Mme de Simiane avec M. de Castellane d’Esparron. Notre président voulut consacrer un souvenir de famille précieux, et élever en même temps un monument nouveau à cette femme célèbre, dont les œuvres inimitables sont un des plus beaux fleurons de la couronne littéraire de la France. Avec une patience infatigable, il rechercha les portraits de tous les personnages dont Mme de Sévigné parle dans ses lettres. Ce n’était pas chose facile : aidé de son fils, qui possédait comme lui à un degré éminent l’art du dessin, il réussit à découvrir, et à reproduire la plupart de ces portraits ; dix années suffirent à peine à ce travail, et il parvint enfin à composer ce beau volume, dont chaque page est enrichie d’un portrait authentique accompagné de la citation littéraire la plus remarquable du personnage qu’il représente. Précieuse collection, que son importance ne permet pas de confondre avec un titre de famille, mais que l’homme de goût se plaira toujours à parcourir, et qui retrace d’une manière si neuve et si heureuse le grand siècle de la monarchie française.

Après deux années de séjour dans la capitale, M. de Castellane revint enfin parmi nous, retrouver sa famille et ses nombreux amis. Pendant sa longue proscription, le dévoûment de tous les siens avait paralysé une partie des mesures odieuses prises contre lui ; grâce à cette vigilance intelligente, il put réunir les nombreux débris de sa grande fortune, et reprendre dans notre ville une position convenable à son rang, et qu’il ne devait plus quitter.

Pendant les temps les plus orageux de la révolution, le conseil municipal de la ville de Toulouse avait accordé une généreuse protection aux sciences et aux arts. Il avait formé un musée, pour soustraire à la spoliation les objets précieux, que le respect religieux ne pouvait plus protéger ; il avait réuni les livres, les chartes, et les manuscrits des congrégations dispersées ; les cours publics avaient été successivement rétablis, et mis à la charge de la ville ; enfin il avait créé un bureau d’administration, pour surveiller et diriger tout ce qui concernait les sciences et les arts. M. de Castellane fut appelé à en faire partie, dès son origine ; et sa coopération non interrompue, pendant quarante années, aux travaux de ce bureau, signalé par de si grands services, est un de ses titres les plus honorables à la reconnaissance de tous les amis des beaux-arts.

Dans les premiers jours de l’année 1808, une nouvelle inattendue se répandit subitement dans nos murs. Après le traité de Thilsitt, au faîte de la gloire, l’empereur fit porter à la ville de Toulouse l’assurance qu’il viendrait bientôt la visiter ; aussitôt tout fut mis en mouvement, pour assurer au grand capitaine une réception digne de lui. Le Capitole et plusieurs édifices publics furent restaurés ; une garde d’honneur fut formée, et la fleur de la jeunesse Toulousaine s’empressa de remplir les rangs de cette milice improvisée. Investi du commandement de la garde à cheval, M. de Castellane apporta les soins les plus intelligents à sa belle organisation. Tout ce qui concernait ces corps d’élite devint la préoccupation et l’intérêt des Toulousains ; au théâtre ils applaudissaient le nouvel et gracieux uniforme et la faveur populaire accompagnait l’élégant colonel qui figurait avec tant de grâce à la tête de ses escadrons. L’empereur, auprès duquel il se trouva pendant son séjour, le distingua bientôt au milieu de ceux qui se pressaient autour de lui ; il l’honora de sa bienveillance, et finit par lui offrir de reprendre du service dans les armées impériales avec son grade, offre dont il fut toujours extrêmement avare. Enfin en se retirant, il le nomma chevalier de la Légion-d’Honneur, et le gratifia d’une tabatière en or, enrichie de son chiffre en diamant. Un accueil aussi flatteur, une si haute appréciation laissa des traces profondes dans l’âme de M. de Castellane, et plus tard, quel que fût son dévoûment aux princes que la providence rendit à la France, il ne renia jamais ces faveurs. En vain la malveillance chercha-t-elle à s’en faire une arme contre lui, il méprisa cette attaque, et pensa que ce n’était pas renier ses affections, que de respecter un passé qui avait tant de gloire.

Napoléon se souvint de sa parole en 1812, lorsqu’il conçut l’idée de former ces régiments privilégiés, où il voulut appeler l’élite de la France, sans doute pour augmenter ses ressources dans un moment de détresse, mais peut-être aussi pour se donner des otages, alors que sentant sa fortune ébranlée, il jetait un coup d’oeil inquiet, et sur l’extérieur et sur l’intérieur de l’empire. Une lettre du grand maréchal du palais appela à Paris M. de Castellane, en lui annonçant que l’empereur lui réservait le commandement de l’un des régiments des gardes d’honneur, que l’on allait former. Surpris par cette nouvelle inattendue, enlevé à toutes ses affections et à toutes ses habitudes de famille, il s’empressa de se rendre ; mais en se présentant devant le duc de Frioul, il ne put lui dissimuler ses hésitations. Prenez garde, lui dit le maréchal : vous verrez l’empereur, mais songez-y ; on ne peut lui répondre par un refus. Cependant les événements se précipitaient, l’empereur ne revint pas à Paris, et bientôt la chute de l’empire fit succéder aux prestiges des armes et de la victoire, les droits sacrés de la légitimité.

Dans cette époque intermédiaire et de transition, entre le gouvernement qui s’écroulait, et celui qui se relevait si miraculeusement, un malheur domestique vint frapper notre président. Mme la marquise de Castellane fut enlevée à sa famille de la manière la plus inattendue, au milieu des inquiétudes que la gravité des événements politiques excitait dans tous les esprits. M. de Castellane alla chercher quelques consolations auprès d’une fille chérie dans ses propriétés du Midi, et il n’assista pas aux premiers jours de la restauration à Toulouse. Deux mois après il y revint prendre le commandement de la garde nationale Toulousaine, auquel des voeux unanimes l’avaient appelé, et il s’acquitta avec fermeté des devoirs de sa charge, à l’époque désastreuse où le retour de Napoléon amena sur la France cette suite de calamités, dont elle se releva avec tant de peine.

Après les cent jours il reprit son commandement, et tout le monde sait l’esprit de modération qu’il apporta dans l’exercice de ces fonctions si délicates, à une époque où il était difficile de maîtriser l’exaltation, excitée par les événements récents dans notre ville et dans tout le midi. Bien souvent, son calme et sa prudence reçurent de bien injustes interprétations ; mais fort du témoignage de sa conscience, il n’abandonna jamais la ligne qu’il s’était tracée ; il n’était pas de ceux qui avaient à faire oublier, ni de ceux qui avaient besoin de donner des gages d’un dévoûment vivant dans son coeur, alors, comme au temps où il avait bravé les fatigues et les dangers de la proscription ; aussi pendant qu’il était en butte à quelques mécontentements isolés, son noble caractère justement apprécié par la grande majorité, lui assurait une immense influence sur les nombreux bataillons de la garde nationale ; ils acceptaient avec respect son commandement doux et bienveillant, et ils furent toujours flattés de voir figurer à leur tête un commandant de si noble race, et de si séduisantes manières.

Le gouvernement de Louis XVIII s’occupait depuis quelque temps de régler les grades, et les pensions militaires. M. de Castellane reçut à cette époque du ministère de la guerre un brevet de colonel, et une pension de deux mille francs. Vivement blessé d’une faveur apparente, qui déguisait la privation d’un grade justement acquis, il renvoya le brevet, et remercia le ministre d’une pension que l’état de sa fortune lui permettait de refuser. Quelque temps après, il fut honoré par le roi du brevet de maréchal de camp honoraire, et modéré dans son ambition comme dans sa conduite, il reçut ce nouveau témoignage de la bienveillance royale avec bonheur et comme la plus honorable récompense de ses services.

En 1818, M. de Castellane résigna ses fonctions de colonel de la garde nationale ; ce fut le moment de son entrée au conseil municipal de la ville de Toulouse, dont il fit partie jusqu’à la révolution de 1830. Dans cette position nouvelle il se fit remarquer par la rectitude et l’élévation de ses vues, et dans les affaires surtout qui concernaient les beaux arts et les embellissements de la cité, ses collègues s’en remettaient avec déférence à sa haute intelligence et à la sûreté de son goût. Plusieurs fois dans ce long intervalle, on voulut le placer à la tête de notre administration municipale, mais il refusa toujours avec modestie ces honneurs dangereux, se bornant à l’utilité d’un concours, qui ne fit jamais défaut aux véritables intérêts de la ville.

Les événements de 1830 rendirent pour toujours M. de Castellane à la vie privée, et par une conséquence naturelle les beaux arts de vinrent son unique occupation. Il me tardait, Messieurs, d’arriver à cette période de sa vie, celle qui lui a acquis des droits éternels à notre reconnaissance. Quel que soit l’intérêt qui se rattache aux incidents variés de sa longue et honorable carrière, j’étais empressé de me retrouver au moment où il nous appartint tout entier, où il employa toutes les ressources de son esprit, de son talent, de sa volonté, à l’établissement et à la prospérité de notre société, et où il contracta avec elle cette union intime aussi puissante, j’oserai le dire, que les liens de la famille, et qui devait se prolonger au-delà du terme que la nature semblait lui assigner.

Profondément versé dans la connaissance de l’antiquité, et surtout amant passionné de ce moyen-âge, si long-temps méconnu, M. de Castellane jetait souvent un coup-d’œil inquiet sur les délicieuses productions de cette époque, livrées depuis si long-temps aux excès du vendalisme (sic). Dans ses fréquents entretiens avec plusieurs d’entre nous, et surtout avec celui de nos collègues, auquel ses fonctions et ses études donnaient une connaissance plus approfondie des monuments du midi, M. le chevalier du Mège, il se demandait souvent s’il n’existait pas un moyen de prévenir toutes ces destructions, si fâcheuses à la cause des beaux arts. La solution de ces questions ne se fit pas attendre, et telle fut l’origine de la Société archéologique du Midi. Douze d’entre nous furent convoqués dans les salons de l’hôtel Castellane, le 2 juin 1831 ; les bases de la Société furent arrêtées, le but des travaux publiquement annoncé ; et proclamé à l’unanimité président de la société nouvelle, M. de Castellane se dévoua à son œuvre avec une ardeur juvénile, que l’on retrouve bien rarement à un âge aussi avancé. Si je voulais rendre un compte exact, et faire connaître en détail les travaux de tout genre que M. de Castellane a faits pour la société, j’excéderais les bornes d’une simple notice ; vous vous rappelez en effet, Messieurs, combien il était rare qu’il n’apportât quelque tribut à nos séances hebdomadaires. Cependant je ne puis passer sous silence plusieurs de ses ouvrages, devenus l’ornement de nos Mémoires, et qui ont assigné à notre président un rang distingué parmi les maîtres de la science.

En 1831, M. de Castellane publia une intéressante dissertation sur deux bas-reliefs en pierre, tirés de l’ancienne abbaye de Saint-Saturnin. Plus tard il nous fit connaître une partie d’un manuscrit de 1466, sur le voyage du vicomte de Périlhos, au purgatoire de Saint-Patrice en Irlande. Plusieurs auteurs, entr’autres Marie de France, avaient donné la description du purgatoire de Saint-Patrice ; mais le voyage du vicomte, depuis Avignon jusques en Irlande, ses singulières aventures, ses descriptions si piquantes des mœurs irlandaises au XIVe siècle, sont un délicieux spécimen du langage roman de cette époque.

A la fin de l’année 1832, M. de Castellane se dirigea vers les Pyrénées, et sut faire tourner son voyage au profit de la science. Compagnon de toutes ses excursions, je m’étonnais plus d’une fois de l’activité de ce vieillard déjà septuagénaire, à qui l’amour de la science rendait toute la vigueur de la jeunesse. Visitant à cheval les points les plus reculés de nos montagnes, s’arrêtant à tous les objets qui excitaient son attention, tantôt dessinant une inscription, tantôt un de ces nombreux monuments que l’on retrouve épars dans les Pyrénées, il ne rentrait jamais sans rapporter des dessins curieux, et sans avoir consigné quelque précieuse découverte. M. de Castellane analysa une partie de ses souvenirs, dans la description de l’église pittoresque de Saint-Avantin, qui domine la jolie vallée de Larboust, et présente d’une manière si complète tous les caractères du style néo-grec. Il fit connaître en même temps une série considérable d’inscriptions, d’autels votifs, de sculptures antiques, de divinités payennes, qui peuplent les contrées voisines des anciens thermes onésiens, et qui s’élèvent intacts et religieusement conservés pendant une longue série de siècles, au milieu des sauvages habitants des montagnes, tandis qu’ils n’ont pu résister aux caprices et aux vicissitudes de la civilisation.

Un travail historique du plus grand intérêt suivit ceux dont je viens de parler : c’est le mémoire sur l’empire des Goths, dans le midi, et sur les monuments qu’ils y ont laissés. Dans cet ouvrage remarquable, M. de Castellane a suivi d’une manière non interrompue, la période des trois siècles, pendant laquelle ces rois ont régné sur le midi de la France, et sur une partie de l’Espagne. Ce sujet soigneusement dégagé des fictions orientales dont il a plu à certains auteurs de l’environner, a été réduit par lui à des proportions justes et exactes, qui en font le travail le plus complet, et le plus authentique sur cette matière ; quelques faits les plus incontestables d’après les historiens espagnols, et les chroniques françaises sur chaque souverain, une recherche scrupuleuse de tous les monuments que nous leur devons, tel est le plan simple qu’il a suivi, et au moyen duquel chaque fait se trouve appuyé sur le témoignage incontestable des marbres, des monnaies et des monuments malheureusement trop rares, qui sont arrivés jusques à nous. Au milieu de ce vaste tableau, il a su placer de savantes digressions si simplement exposées, et amenées d’une manière si naturelle, que la réflexion seule fait apercevoir des recherches profondes qu’elles ont occasionées.

Un travail plus important encore ne se fit pas attendre je veux parler des trois mémoires sur les inscriptions antiques, depuis le Ve jusqu’au XVIe siècle. Le sujet était vaste, il ne fallait rien moins que le zèle infatigable de M. de Castellane, pour ne pas se trouver au-dessous de la tâche entreprise. Vous vous rappelez en effet, Messieurs, qu’il a recueilli 316 inscriptions, et qu’il a pris la peine de lithographier de sa main 147 fac-simile de ces mêmes inscriptions. Il a eu le soin d’accompagner chacune d’elles de notes intéressantes, tantôt sur les lettres qui les composent, et sur les changements introduits par le temps dans l’écriture lapidaire, tantôt sur les familles dont les noms s’y trouvent rappelés. Il donne la clef des abréviations employées, la valeur des monnaies qu’elles énoncent, et des lieux où elles ont été trouvées. En relisant avec attention ces petits commentaires, on peut prendre une connaissance exacte des anciennes circonscriptions diocésaines, des antiques abbayes, et des communautés religieuses disséminées dans nos contrées. Enfin, et je ne sais à l’aide de quelles recherches, il est parvenu à nous donner une notion assez précise des personnages auxquels ces monuments ont été élevés, personnages connus jadis dans l’intérieur de leur couvent, ou de leur église, mais dont plusieurs doivent toute leur célébrité à la pierre qui nous a transmis leur nom. Il a porté ses investigations non seulement dans le midi de la France, mais encore dans le Nord, en Angleterre, et jusques en Irlande et en Ecosse. Un ouvrage aussi remarquable ne pouvait passer inaperçu ; il obtint le suffrage des sociétés savantes de la capitale, qui se plurent à lui prodiguer de justes éloges, et il assigna à M. de Castellane une place éminente parmi les plus habiles paléographes de la France.

Toujours infatigable, notre président entreprit, dans les dernières années de sa vie, un travail qui nous manquait, et qui devait exciter toutes nos sympathies. C’est son catalogue chronologique de l’imprimerie Toulousaine, pendant les 15me 16me et 17me siècles. Cet ouvrage important par son étendue et par ses recherches multipliées, avait pour nous un intérêt de cité, qui doit en augmenter le prix. Il nous prouve que, sous le rapport de l’art typographique, Toulouse fut encore une des premières villes de France, à se lancer et à se signaler dans la nouvelle carrière offerte à l’intelligence. Des notes intéressantes et fréquemment intercalées, enlèvent à ce travail l’aridité de la nomenclature. Une entreprise de ce genre devait par sa nature même offrir de nombreuses lacunes ; cependant elle a été conduite à un degré de perfection qui étonne, et qui laisse bien peu à faire à celui qui voudra la compléter.

Si je voulais parler de tous les travaux de M. de Castellane, ainsi que je vous l’ai dit, Messieurs, ce serait excéder les bornes que je dois me prescrire ; je regrette d’être forcé de m’arrêter, car ce n’est ni votre attention ni votre intérêt qui me feraient défaut. Les publications de la société sont là pour prouver, bien plus que mes paroles, la multiplicité, la variété et la perfection des travaux que nous devons à la plume, aux pinceaux et au burin de M. de Castellane. Malheureusement ils n’y sont pas en entier, et c’est avec regret que je n’ai pu y retrouver certains d’entr’eux, dont ma mémoire conservait le souvenir.

Témoins et admirateurs d’une vie si utilement remplie, nous aimions à penser qu’une vieillesse aussi pleine de sève échapperait encore aux ravages du temps, et que la nature prolongerait son heureuse exception en faveur de celui qu’elle avait si constamment favorisé ; mais nous ne pûmes long-temps nous abuser ; dès l’année 1841, des atteintes fâcheuses vinrent ébranler notre confiance, et il nous fut bientôt impossible de méconnaître les symptômes de cette triste décadence, à qui rien ici bas ne saurait échapper. La parole du vieillard devint traînante et embarrassée ; sa démarche jadis si élégante était pesante et difficile, et l’ingénieuse sollicitude d’une fille qui s’attachait à ses pas, ne put long-temps lui dissimuler une affligeante impuissance. Pour lui épargner un pénible déplacement, la société fut obligée d’exiger qu’il ne quittât plus ses appartements, et elle se fit un religieux devoir de venir dans son salon tenir ses séances hebdomadaires, dont il n’eût pu supporter la privation. Dès ce moment nos liens devinrent plus intimes ; depuis long-temps toutes ses pensées étaient pour nous, mais désormais il s’accoutuma à nous regarder comme une seconde famille, qui rivalisait avec la sienne, pour tromper l’amertume et les douleurs des derniers jours.

Ainsi commença cette dernière époque de la vie de M. de Castellane, qui devait se prolonger quatre années. Long-temps encore il prit part à nos travaux ; la semaine entière était pour lui une préoccupation continuelle du jour de séance qui devait la terminer. Il nous présentait encore d’utiles recherches, mais sa voix émue et des larmes involontaires trahissaient son affaiblissement. Sa main conserva long-temps son habileté, et quelquefois de remarquables dessins vinrent nous prouver que son goût plus puissant que la nature, avait assez d’énergie pour diriger et rectifier sa débile main. Mais chaque jour se faisait sentir de tout son poids indifférent aux choses ordinaires de la vie, on ne retrouvait plus en lui que des éclairs momentanés de son intelligence artistique. Cicéron a dit quelque part ce mot bien souvent répété, que les lettres sont la distraction de la vieillesse. Combien cette expression est faible et insuffisante à rendre ce que nous avons tous observé dans ce vieillard déjà affaissé, mais retrouvant sa vie et son intelligence, aussitôt qu’arrivait à son oreille quelque chose de ces beaux arts et de ces études qu’il chérissait. Jusques à ces derniers moments, ces mots sacrés produisaient sur lui un effet instantané, et pour ainsi dire galvanique, comme si plus puissant encore que les lettres, l’amour des beaux-arts communiquait à ses adeptes une autre vie, dont les organes plus subtils que ceux de la vie ordinaire, s’attachent à l’organisation physique d’une manière indissoluble, sans être assujettis à aucune de ses décadences.

Vers la fin de l’année 1845, les symptômes qui nous alarmaient depuis long-temps, s’aggravèrent de la manière la plus effrayante. Lorsque nous nous réunîmes autour de lui, à la clôture de nos travaux annuels, pour presser sa main, et lui donner, selon l’usage, l’adieu du départ, il n’est aucun de nous qui ne rapportât de cette entrevue, qui devait être la dernière de bien tristes pressentiments. Nos craintes ne tardèrent pas à se réaliser : une maladie aiguë, se joignant à sa faiblesse ordinaire, ne laissa plus d’espérance à sa famille désolée. Dans cet instant suprême, le noble vieillard, dont l’esprit s’était tourné depuis long-temps vers les idées religieuses, sembla se réveiller pour donner des preuves non équivoques de ses sentiments chrétiens, et il rendit le dernier soupir, le 17 octobre 1845.

Eloignés de Toulouse à cette époque, plusieurs d’entre nous eurent le regret de ne pouvoir assister à ses derniers moments ; il nous semblait que nous aussi nous avions le droit d’entourer son lit de mort, d’augmenter le nombre de sa famille, et d’obtenir de lui un dernier regard ; mais un assez grand nombre eut le temps d’accourir pour représenter la société à ces tristes funérailles, et une voix amie put être notre organe pour saluer d’un dernier adieu la dépouille de celui qui venait de nous être enlevé. Nous ne fûmes pas les seuls à comprendre la perte que venait de faire la ville de Toulouse. Jamais concours plus nombreux n’avait accompagné les obsèques d’un simple particulier. Chacun voulut payer un dernier hommage à celui qui avait su, dans sa longue vie, se concilier de si nombreuses sympathies. Le peuple, que ses instincts ne trompent guère, se pressait en masse autour du noble seigneur qu’il avait aimé pour lui-même, sans qu’il se fût fait courtisan de popularité, et les membres isolés de la garde nationale suivaient tristement le cercueil, regrettant que la garde entière n’eût pas été convoquée, pour rendre les derniers honneurs à celui qui l’avait si long-temps et si honorablement commandée.

Ces regrets, cet empressement, ces suffrages unanimes, c’était, Messieurs, l’hommage et le jugement impartial et spontané de la cité, envers un des citoyens qui l’avaient le plus honoré. Pour nous, Messieurs, qui avons été plus à même d’apprécier le noble caractère de M. de Castellane, et qui avons été l’objet de son affectueuse intimité, il nous appartient de dire combien il est rare de trouver réunies tant de distinctions et d’éminentes qualités. Issu d’une famille illustre, riche des faveurs de la nature et des dons de l’esprit, ceux qui ne le connaissaient pas, purent seuls donner à ses grandes manières une interprétation qui ne leur convint jamais. Son abord fut toujours facile et bienveillant ; jamais il ne sortit de sa bouche un mot qui pût rappeler des avantages dont tant d’autres s’enorgueillissent ; son esprit élevé mais inoffensif, acceptait le présent sans récrimination et sans retours chagrins vers un passé détruit ; pour ceux qui le connurent le mieux sa politesse exquise, et parfois réservée, cachait presque toujours un sentiment d’embarras et de timidité naturelle, qu’il ne put jamais surmonter.

Sous le rapport de la science, il se distinguait par une absence complète de prétention, et cependant peu de vies ont été plus pleines que la sienne. Ses études longues et assidues lui avaient acquis les connaissances les plus étendues ; mais jaloux de les dissimuler, il fallait une longue habitude, pour s’apercevoir que peu de sciences lui étaient étrangères, et que pour toutes choses il avait un jugement certain, et une appréciation éclairée. Dans les arts chacun a connu sa supériorité. Riche de ses souvenirs, de tout ce que lui avaient appris ses longs voyages, il s’était environné de toutes les ressources de la science. Ses immenses collections, œuvre intelligente et non interrompue d’une si longue carrière, lui retraçaient sans cesse ce que la peinture, la sculpture, l’architecture avaient produit de plus parfait, et ajoutaient chaque jour à ce goût exquis, produit de l’étude sans doute, mais avant tout précieuse faveur d’une nature éminemment artistique.

Enfin dans la science de l’archéologie, occupation exclusive des 14 dernières années de sa vie, c’est encore le meilleur modèle que nous puissions nous proposer. Malgré ses profondes connaissances, il écartait avec soin le pédantisme de la science, pour ne présenter que les idées les plus claires et les plus précises ; dirigé par son goût, il ne s’attachait qu’aux sujets intéressants par eux-mêmes, et la sobriété et la bonne foi de ses dissertations lui valurent toujours une confiance, que l’on refuse avec raison aux interprétations vagues et à des commentaires hasardés.

Tel était, messieurs, celui que nous avons perdu. En retraçant son caractère, pourrait-on m’accuser de m’être laissé aller aux sentiments de mon cœur, ou bien à des impressions exagérées, résultats ordinaires de la concentration de la pensée. Je ne crains ce reproche d’aucun de ceux qui ont connu l’homme éminent auquel cet éloge est consacré. Ils n’y verront, je l’espère, que l’expression d’un jugement réfléchi et d’une profonde conviction ; et nous, messieurs, qui regardons avec anxiété le vide immense que la mort a fait dans nos rangs, rappelons-nous toujours les exemples de celui qui dirigea si long-temps nos travaux, et réunissons nos efforts pour faire prospérer une société qu’il avait créée, dans laquelle il avait placé toutes ses affections ; ce sera la meilleure manière d’honorer sa mémoire.

AUGUSTE D’ALDEGUIER,
président de la société.

 

LISTE DES OUVRAGES DE M. LE MARQUIS DE CASTELLANE,

AVEC L’INDICATION DU TOME ET DE LA PAGE DE LA COLLECTION DES MEMOIRES DE LA SOCIETE ARCHEOLOGIQUE

 

Discours d’ouverture de la Société archéologique…….. tome I page 11

Notice sur deux bas-reliefs du moyen-âge, de l’ancienne abbaye de Saint-Saturnin……. t. I p. 1

Voyage du vicomte de Périlhos au purgatoire de Saint-Patrice en Irlande……. t. I p. 51

Dissertation sur un coffret représentant le lai d’Aristote et le lai du Ménestrel (inédit).

Traduction d’une partie du roman de Philomena du XIVe siècle (inédit).

Notice sur l’église de Saint-Aventin, dans la vallée de l’Arboust (Pyrénées)……. t. I p. 237

Notice et extraits de la vision de Tindal, légende manuscrite du XIVe siècle……. t. 2 p. 1

Notice sur les rois Goths qui ont régné dans le Midi de la France, et sur leurs monuments (1re partie)……. t. 2 p. 109

Notice sur les rois Goths qui ont régné dans le Midi de la France, et sur leurs monuments (2e partie)……. t. 2 p. 387

Inscriptions du Ve au Xe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 2 p. 175

Inscriptions du XIe au XIIe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 3 p. 53

Inscriptions du XIIIe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 3 p. 193

Inscriptions des XIVe, XVe et XVIe siècles, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 3 p. 237

Supplément aux inscriptions du Ve au XVIe siècle, recueillies principalement dans le Midi de la France……. t. 4 p. 255

Abrégé des curieuses recherches de François Filhol, hebdomadier de l’église métropolitaine de Tolose……. t. 2 p. 373

Description de quelques vases péruviens……. t. 3 p. 401

Notice sur l’ancienne église cathédrale de Notre-Dame à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme) ……. t. 4 p. 63

Dissertation sur le sceau de Guillaume VI, seigneur de Montpellier……. t. 4 p. 343

Essai d’un catalogue chronologique de l’imprimerie à Toulouse (1re partie)……. t. 5 p. 1

Supplément à l’essai de Catalogue chonologique de l’imprimerie à Toulouse dans les XVe, XVIe et XVIIe siècles……. t. 5 p. 137

Dissertation sur quelques fragments en marbre blanc, tirés en 1842 et 1843 des fouilles de Martres……. t. 5 p. 457

Nouvelle dissertation sur quelques fragments trouvés à Martres (inédit)

Autre dissertation sur plusieurs fragments de sculpture trouvés dans les dernières fouilles de Martres (inédit).

 

 


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